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du 29 mars
au 2 mai
2026

LES MIROIRS
DU TEMPS

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La Sainte-Chapelle est un monument vertical. Elle élève le regard, mais elle suspend aussi le temps. Sous ses voûtes, la musique ne s’inscrit pas dans une chronologie : elle se réfléchit.
Avec Les Miroirs du Temps, le festival imagine la temporalité comme une matière vivante. Les œuvres ne se succèdent pas : elles dialoguent. Rameau converse avec le hip-hop, Bach répond à Piazzolla, Bernstein croise Gershwin. Pergolèse et Vivaldi se contemplent en miroir, tandis que Mozart, Donizetti et Verdi révèlent les filiations du bel canto.
Le romantisme allemand, de Brahms à Mahler, de Clara à Robert Schumann, trouve un écho dans la sensibilité française de Chausson ou dans l’intimité des salons recréés le temps d’une soirée. Purcell côtoie la jeunesse des maîtrises d’aujourd’hui ; les instruments anciens restituent des couleurs originelles pendant que le bandonéon ouvre de nouvelles perspectives sonores.
Chaque concert devient un reflet. Reflet entre les styles, entre les siècles, entre la scène et l’architecture. Car la Sainte-Chapelle n’est pas un simple écrin : elle agit. Sa lumière gothique, sa verticalité, sa transparence amplifient la dramaturgie musicale. Ici, le patrimoine n’est pas décor, il est partenaire.
Le festival ne propose pas un parcours historique, mais une traversée sensible. Il interroge les héritages, les transmissions, les correspondances invisibles. Le passé n’est jamais figé : il se transforme à chaque interprétation. Le présent, lui, révèle les modernités cachées des siècles anciens.
En 2026, Euromusic affirme une conviction : la musique écrit l’architecture autant que l’architecture magnifie la musique. Dans ces jeux d’échos et de reflets, le temps cesse d’être linéaire. Il devient circulaire, vibrant, partagé.
Les Miroirs du Temps ne racontent pas l’histoire. Ils la font résonner.

FRENCH TOUCH

Baroque & Hip Hop
Les Indes Galantes
Rameau

Dimanche29 mars
19h30

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Une rencontre audacieuse entre le baroque et le hip-hop, un choc esthétique sous les voûtes majestueuses de la Sainte-Chapelle, où les siècles se répondent dans un même souffle.

Ce spectacle réunit la soprano Jeanne Mendoche et le danseur Link Le Neil autour d’extraits des Indes galantes de Jean-Philippe Rameau, chef-d’œuvre éclatant du XVIIIe siècle. À la virtuosité vocale et à l’ornementation raffinée de la musique française répond l’énergie organique du mouvement urbain, dans une chorégraphie qui fait dialoguer précision baroque et liberté contemporaine.

Créées en 1735, les Indes galantes célèbrent l’ailleurs, l’exotisme rêvé, la diversité des peuples et des danses. Aujourd’hui, cet esprit d’ouverture trouve une résonance nouvelle dans le langage du hip-hop. Les rythmes ciselés de Rameau, ses pulsations, ses contrastes deviennent un terrain d’expression pour le corps percussif et ancré de Link Le Neil. Le sol devient scène de battements, de ruptures, d’élans suspendus.

La voix de Jeanne Mendoche déploie toute la richesse expressive de cette musique : éclats héroïques, élans amoureux, délicatesse des lignes, précision des ornements. Face à elle, le danseur inscrit dans l’espace une écriture physique qui prolonge et transforme l’énergie musicale. Chaque aria devient dialogue, chaque danse un terrain d’improvisation maîtrisée où tradition et culture urbaine se rencontrent sans hiérarchie.

Entre raffinement et puissance, architecture sonore et liberté du geste, ce concert-spectacle propose un miroir vibrant entre les siècles. Le baroque, loin d’être figé, révèle sa modernité ; le hip-hop, loin d’être seulement urbain, affirme sa noblesse et sa poésie.

Jeanne Mendoche, soprano

Link le Neil, Danse

Classik Ensemble, David Braccini

Belle époque !
Mélodies Françaises

Lundi 30 mars
19h30

Un voyage au cœur de la mélodie française, là où la poésie devient musique et où chaque nuance raconte un monde

intérieur. Ce récital réunit la mezzo-soprano Adèle Charvet et le pianiste Florian Caroubi autour d’ un programme consacré à Jules Massenet, Claude Debussy, Gabriel Fauré et Georges Bizet. Quatre figures majeures qui, chacune à leur manière, ont façonné l’art subtil de la mélodie française entre romantisme finissant et modernité naissante.

Avec Massenet, la ligne vocale se fait caresse, confidence murmurée ; chez Fauré, l’harmonie enveloppe le texte d’ une

lumière délicate, presque suspendue ; Debussy explore les couleurs, les silences, les inflexions du langage, faisant de

chaque mot une sensation ; Bizet, enfin, insuffle une intensit dramatique et une clarté expressive qui annoncent déjà le

théâtre. La voix d’Adèle Charvet, ample et nuancée, épouse ces univers contrastés avec une intelligence musicale rare. Sa palette expressive lui permet de passer de l’intime au passionné, du recueillement à l’élan, révélant la profondeur psychologique de ces pages. À ses côtés, Florian Caroubi ne se contente pas d’accompagner : le piano devient partenaire à part entière, sculptant les atmosphères, respirant avec la voix, dessinant les paysages intérieurs.

Dans ce dialogue constant entre texte et musique, chaque mélodie apparaît comme un petit théâtre miniature, où l’émotion affleure sans jamais se livrer tout à fait. Sous leurs doigts et dans leur souffle, la mélodie française retrouve toute sa modernité : art de la suggestion, du clair-obscur, de l’élégance sans ostentation.

Un moment de pure intimité musicale, où la poésie chantée devient confidence partagée.

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Adèle Charvet, mezzo-soprano

Florian Caroubi, piano

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Pâques à la Sainte-Chapelle

Stabat Mater

Pergolèse et Vivaldi

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Amandine Portelli, Isobel Anthony,

Artistes en résidence à l'Académie de l'Opéra national de Paris

Barok ensemble sur instruments d’époque

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Vendredi 3 avril
20h

Un miroir tendu entre deux visions du sacré, deux sensibilités italiennes du XVIIIe siècle, deux manières d’exprimer la douleur et la lumière : les Stabat Mater de Giovanni Battista Pergolesi et celui de Antonio Vivaldi se répondent dans un dialogue d’ une intensité rare.

Écrits à quelques années d’intervalle, ces deux chefs-d’œuvre mettent en musique le même texte évoquant la Vierge au pied de la Croix. Pourtant, leur écriture révèle des tempéraments profondément distincts.
Chez Vivaldi, la ligne est tendue, dramatique, presque théâtrale ; les contrastes sont marqués, l’émotion traverse la musique comme un éclair.
Chez Pergolèse, au contraire, la douleur se fait intériorisée, suspendue, d’ une douceur poignante qui touche au silence. Interprétés par sur instruments d’époque, ces deux Stabat Mater retrouvent leurs couleurs originelles : cordes au grain plus sombre, phrasés souples, articulations fines, respiration commune entre voix et continuo. Le timbre des instruments anciens agit comme un révélateur, mettant en lumière la transparence des lignes et la tension expressive de chaque dissonance. Le miroir ne reflète pas seulement deux œuvres, mais deux manières de prier en musique.
À la verticalité dramatique de Vivaldi répond la tendresse presque fragile de Pergolesi.
À l’élan rythmique du premier s’oppose la mélancolie suspendue du second. Pourtant, au cœur de ces contrastes, une même humanité : celle d’ une douleur universelle, transformée en beauté sonore.

Ce concert invite ainsi à une écoute comparative, sensible et profonde. Comme deux visages d’ une même icône, ces Stabat Mater se contemplent l’ un l’autre, révélant, dans leur reflet, toute la richesse expressive du baroque italien.

Passion BACH !
La passion selon Saint-Jean (extraits)

Dimanche 5 avril
20h

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Une Passion pour le jour de Pâques : sous les voûtes de la Sainte-Chapelle, la musique de Bach déploie toute sa force spirituelle dans des extraits de la Passion selon Saint Jean.

Cette œuvre monumentale allie intensité dramatique et profondeur théologique. Contrairement à la vaste fresque contemplative de la Passion selon Saint Matthieu, la Passion selon Saint Jean frappe par son urgence, sa tension, son souffle presque théâtral.

Les récitatifs de l’Évangéliste, d’une précision saisissante, font progresser le récit avec une vivacité presque opératique, tandis que les airs suspendent le temps dans une méditation intime. Interprétée sur instruments anciens, la partition retrouve sa clarté et son relief originels : cordes aux timbres plus âpres, continuo vibrant, vents au grain délicat. Cette palette sonore révèle les contrastes chers à Bach, violence de la foule, solitude du Christ, recueillement des chorals et souligne l’architecture magistrale de l’œuvre. En ce dimanche de Pâques, ces extraits prennent une résonance particulière. La douleur et la nuit ne sont pas une fin, mais un passage vers la lumière. Les chorals, chantés comme une prière collective, ouvrent un espace de communion entre musiciens et auditeurs. Chaque dissonance appelle la résolution, chaque tension prépare l’espérance.

Dans l’écrin lumineux de la Sainte- Chapelle, où la verticalité gothique élève naturellement le regard, la musique de Bach agit comme un miroir de l’âme : à la fois méditation sur la souffrance et affirmation d’une foi rayonnante. Une expérience spirituelle et musicale d’une intensité rare, où le baroque sacré retrouve toute sa puissance expressive.

Aurélie Jarjaye, Annouk Jobic

Vincent Guérin, Olivier Gourdy

Barok ensemble sur instruments d’époque

David Braccini

jeanne gerard ©Edouard brane.png

Jeanne Gérard explore les profondeurs de l’âme romantique à travers les Rückert-Lieder de Mahler et les ultimes élans lyriques de Richard Strauss, dont les bouleversants Vier letzte Lieder et l’inoubliable Morgen.
Avec les Rückert-Lieder, Mahler quitte le drame symphonique pour une introspection d’une rare délicatesse. La poésie de Friedrich Rückert y devient murmure, suspension du temps, quête d’absolu. La voix se fait souffle intérieur, presque prière, portée par une écriture harmonique d’ une subtilité infinie. Les pièces pour violon de Kreisler par David Braccini apportent un autre visage du romantisme : celui du charme viennois, de la nostalgie élégante, de la virtuosité teintée de douceur. Le violon y chante avec une expressivité immédiate, prolongeant l’émotion vocale dans une ligne instrumentale d’une grande humanité.

Avec Strauss, le romantisme atteint son crépuscule lumineux. Les Vier letzte Lieder, écrits à la fin de sa vie, déploient une sérénité bouleversante face au passage du temps. La ligne vocale, ample et rayonnante, semble flotter au-dessus d’un paysage sonore baigné de lumière. Morgen, d’une simplicité désarmante, suspend l’instant dans une promesse d’éternité.

Jeanne Gérard, par la pureté de son timbre et la finesse de son phrasé, fait dialoguer ces univers avec une sensibilité profonde. Entre intensité intérieure et élévation lyrique, ce programme dessine un arc émotionnel puissant : du recueillement mahlérien à la lumière straussienne, en passant par la grâce nostalgique de Kreisler.

Un concert comme un paysage au coucher du soleil : vibrant, mélancolique, infiniment humain.

Lieder & Romantisme

Vendredi 10 avril
20h

Jeanne Gérard, soprano

David Braccini, violon

Alexander Ullman, piano

Le Quintette imaginaire
de Schubert

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Une œuvre unique, un rêve de chambre devenu légende : le Quintette imaginaire de Franz Schubert renaît sous l’impulsion de la soprano Sandrine Piau et du Quatuor Psophos.

Schubert n’a jamais écrit de « quintette imaginaire » à proprement parler. Et pourtant, toute son œuvre semble tendre vers cette forme idéale où la voix et le quatuor à cordes fusionnent dans un même souffle. Ce programme propose précisément cette rencontre rêvée : des lieder transfigurés par l’écrin chambriste, où les cordes deviennent tour à tour paysage, écho intérieur, battement du cœur.

Chez Schubert, la voix n’est jamais isolée : elle naît du tissu harmonique, elle s’ y fond, elle en prolonge les couleurs. Les cordes du Quatuor Psophos, par la richesse de leur timbre et la précision de leur dialogue, révèlent toute la modernité de cette écriture. Les lignes s’entrelacent, se répondent, créant un espace sonore à la fois intime et infiniment vaste.

La présence de Sandrine Piau confère à ce « quintette rêvé » une intensité particulière. Son art du mot, sa lumière vocale, sa capacité à faire affleurer l’émotion sans jamais la surligner entrent en résonance avec la poésie schubertienne. Chaque lied devient une scène miniature : confidence amoureuse, contemplation de la nature, vertige métaphysique.

Ce programme dessine ainsi un Schubert intérieur, presque nocturne, où la mélodie s’élève comme une respiration fragile au cœur du silence. Le quatuor ne se contente pas d’accompagner : il prolonge la pensée musicale, en déploie les ombres et les éclats, jusqu ’à créer cette forme idéale — ce quintette imaginaire — que Schubert portait peut-être en lui.

Un moment suspendu, d’ une délicatesse infinie, où la voix et les cordes s’ unissent pour faire entendre l’âme romantique dans toute sa vérité

Sandrine Piau, soprano

Quator Psophos

Samedi 11 avril
20h

L’Amour et la vie
d’une femme

Dimanche 12 avril
20h00

Un concert comme un journal intime : l’amour, l’attente, l’accomplissement, la perte. À travers les voix d’Alma Mahler, de Clara Schumann et de Robert Schumann, le romantisme dévoile ses visages les plus intimes. Au cœur du programme, le cycle « L’amour et la vie d’une femme » composé par Robert Schumann. Ce cycle emblématique retrace le destin d’une femme, de la première rencontre amoureuse jusqu’au deuil. Sous la plume de Schumann, chaque étape devient paysage

intérieur : frémissement du premier regard, bonheur conjugal, tendresse maternelle, vertige de la perte.

En miroir, les lieder d’Alma Mahler et de Clara Schumann viennent rééquilibrer ce récit. Trop longtemps reléguées dans l’ombre de leurs illustres compagnons, ces deux compositrices offrent une parole féminine d’ une intensité saisissante. Chez Clara, l’élan lyrique et la délicatesse harmonique traduisent une sensibilité à fleur de peau ; chez Alma, l’écriture plus tardive laisse affleurer une tension expressive, un désir d’affirmation, une modernité déjà tournée vers le XXe siècle.

La voix de Tara Erraught déploie toute la palette de ces univers contrastés : chaleur du timbre, profondeur du grave, intensité dramatique, mais aussi une grande délicatesse dans l’art du murmure. À ses côtés, Morgane Fauchois-Prado fait du piano bien plus qu’ un accompagnement : il devient confident, miroir des émotions, partenaire narratif essentiel.

Ce programme ne raconte pas seulement une histoire d’amour ; il interroge la place de la femme dans la création, le dialogue entre inspiration masculine et expression féminine, l’équilibre fragile entre vie intime et destin artistique. Entre passion et introspection, lumière et ombre, ces lieder dessinent une fresque romantique profondément humaine. La musique devient confidence et chaque note semble écrite au creux du cœur.

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Tara Erraught, soprano

Morgane Fauchois-Prado, piano

Dimanche 12 avril
20h00

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Vendredi 17 avril
20h

CRÉPUSCULE,
L’INTIME &
BEL CANTO
Bel Canto & co...

Un éclat d’Italie et de théâtre, une soirée où la virtuosité vocale rencontre la passion dramatique : le bel canto dans toute sa splendeur, de Mozart à Donizetti et Verdi.

Autour d’airs et de duos emblématiques, la soprano Margaux Loire et le ténor Artavazd Sargsyan font revivre les grandes pages du répertoire lyrique italien. Avec Mozart, le chant allie grâce, équilibre et vérité des sentiments : chaque ligne semble sculptée dans une élégance lumineuse où la virtuosité sert avant tout l’expression.

Chez Donizetti, le bel canto se pare d’élans passionnés, de cabalettes étincelantes, de duos où l’amour et le drame s’entrelacent. Les voix dialoguent, s’affrontent ou se rejoignent dans une architecture musicale d’une précision redoutable, où souffle, agilité et legato sont au service du théâtre.

Avec Verdi, la tension s’intensifie : les lignes se font plus larges, l’émotion plus directe, le drame plus brûlant. Les duos deviennent de véritables scènes condensées, où chaque phrase porte la marque d’un destin.

La voix cristalline et expressive de Margaux Loire trouve dans ce répertoire un terrain d’épanouissement naturel, entre brillance des aigus et finesse du phrasé. Artavazd Sargsyan, par la générosité de son timbre et son engagement scénique, apporte intensité et noblesse à ces pages d’opéra. Au piano, Benjamin Laurent insuffle respiration, énergie et relief, recréant toute la dynamique orchestrale dans l’intimité du récital.

Une soirée d’airs célèbres et de duos flamboyants, où la technique la plus exigeante se met au service de l’émotion la plus sincère. Un hommage vibrant à l’art du chant italien, où le cœur et la voix ne font qu’un.

Margaux Loire, soprano

Artavazd sargsyan, ténor

Benjamin Laurent, piano

Lieders et airs d’opéra

Samedi 18 avril
20h

Un concert comme un laboratoire d’excellence et de transmission : les jeunes artistes de l’Académie de l’Opéra National de Paris rencontrent des musiciens de l’Orchestre national de l’Opéra de Paris pour un programme où le lied dialogue avec l’air d’opéra. Autour d’ un effectif chambriste singulier, quatuor à cordes, cor et piano, se déploie un parcours à travers les esthétiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Les lieder de Richard Strauss ouvrent cet univers : lignes vocales amples, harmonies chatoyantes, souffle orchestral transposé dans l’intimité de la musique de chambre. Le cor, instrument straussien par excellence, y apporte une profondeur chaleureuse, comme un écho venu des paysages romantiques allemands.

Avec Benjamin Britten, la parole se fait plus incisive, plus moderne. L’écriture, d’ une précision ciselée, explore la tension entre texte et musique, révélant la fragilité ou l’ironie des sentiments. Le dialogue entre voix et instruments devient théâtre intérieur.

Les pages de Guillaume Lekeu et de Rita Strohl apportent une couleur singulière : lyrisme ardent, élans passionnés, climats parfois mystiques. Leurs œuvres, rares et précieuses, offrent une plongée dans un romantisme finissant aux contours audacieux. Enfin, Egon Wellesz ouvre la porte à une modernité plus affirmée, où les lignes se tendent et les harmonies se densifient.

Les airs d’opéra, insérés en contrepoint des lieder, élargissent le spectre dramatique : la scène s’invite dans le salon, la projection lyrique rencontre la proximité chambriste. Dans cette configuration originale, chaque instrument devient partenaire narratif, prolongeant l’émotion

vocale et enrichissant la palette expressive.

Entre transmission et exploration, ce programme révèle la vitalité d’ une nouvelle génération d’interprètes, portée par l’exigence et l’héritage de l’Opéra de Paris. Un concert où le lied et l’opéra se contemplent en miroir, réunis dans un même souffle musical

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Artistes en résidence à l'Académie de l'Opéra national de Paris
Daria Akulova, Soprano
Bergsvein Toverua, Ténor
Clemens Frank, Baryton

Petteri livonen, premier violon solo de l’orchestre de l’Opéra national de Paris

Quatuor, cor et piano de l’orchestre de l’Opéra national de Paris

En ce Vendredi Saint, le Stabat Mater de Pergolèse, chef-d’œuvre absolu de la musique sacrée, fait entendre la douleur poignante de la Vierge face à la crucifixion, dans une prière d’une expressivité saisissante, oscillant entre douceur et lamentation. La fusion des timbres confère à cette œuvre une intensité rare, entre recueillement et splendeur.

Entre Romantisme allemand
et mélancolie française

Lundi 20 avril
20h00

Un concert comme une traversée poétique, entre romantisme allemand et mélancolie française, où la voix et les cordes tissent un paysage d’émotions profondes et contrastées.

La mezzo-soprano Marine Chagnon s’unit au Quatuor Cordance pour un programme qui met en regard l’univers de Johannes Brahms et celui d’Ernest Chausson.

Brahms : la nuit, la nature, l’éternité. Avec Von ewiger Liebe, Sonntag, Die Mainacht, O kühler Wald et les Zwei Gesänge, Brahms explore les thèmes qui lui sont chers : l’amour indéfectible, la solitude nocturne, la communion avec la nature. La ligne vocale, ample et chaleureuse, se déploie sur une trame harmonique d’ une densité toute brahmsienne. Les cordes du quatuor prolongent la respiration du chant, sculptent les ombres et les clairs-obscurs, faisant de chaque lied un paysage intérieur.

Dans Von ewiger Liebe, la tension dramatique s’intensifie jusqu'à l’affirmation passionnée de l’amour éternel. Die Mainacht et O kühler Wald plongent l’auditeur dans une contemplation nocturne, où la nature devient miroir des sentiments. Le romantisme allemand s’y révèle à la fois ardent et introspectif.

Chausson : la mer, le rêve, le vertige. Avec Hébé, L’Albatros (sur un texte de Charles Baudelaire), La chanson bien douce, Le Colibri et surtout Le Poème de l’amour et de la mer, Chausson ouvre un autre horizon : celui d’ un symbolisme finissant, où la musique épouse les inflexions du verbe et les frémissements de l’âme.

Chez Chausson, la ligne se fait plus sinueuse, les harmonies plus troubles, les élans plus fiévreux. L’Albatros donne à la voix une ampleur presque tragique, tandis que La chanson bien douce murmure une tendresse fragile. Le Colibri déploie une délicatesse suspendue. Point culminant du programme, Le Poème de l’amour et de la mer trace un arc émotionnel bouleversant : amour naissant, extase, perte et souvenir. Les cordes y deviennent houle, respiration marine, souffle infini. La voix chaude et expressive de Marine Chagnon relie ces deux mondes. Sa capacité à passer de la profondeur brahmsienne à la sensualité française révèle la continuité secrète entre ces esthétiques : le même vertige amoureux, la même quête d’absolu, la même mélancolie lumineuse. Un concert où la nuit allemande rencontre la mer française, où la nature devient confidente des passions humaines. Une invitation à écouter le romantisme comme un battement du cœur, vibrant, fragile et éternel.

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Marine Chagnon, mezzo-soprano

Quatuor Cordance

L’OPÉRA DE POCHE
When Bernstein meets Gershwin
Extraits deWest side story, Candide
et Porgy and Bess

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Samedi 25 avril
20h

Un miroir tendu entre deux géants de l’Amérique musicale : quand Leonard Bernstein rencontre George Gershwin, Broadway devient un terrain de dialogue, de tension et d’éclat.

Notre soirée propose un face-à-face vibrant à travers des extraits de West Side Story et Candide pour Bernstein, et de Porgy and Bess pour Gershwin. Deux compositeurs, deux tempéraments, mais une même énergie : celle d’ un art qui abolit les frontières entre opéra, jazz et comédie

musicale.

Dans West Side Story, Bernstein fait jaillir la ville, ses pulsations, ses fractures sociales. Les rythmes syncopés, les harmonies tendues, les élans lyriques dessinent un drame moderne où l’amour se heurte à la violence du monde. En miroir, Candide révèle un autre visage : satire brillante, virtuosité étincelante, humour musical porté à son paroxysme.

Face à lui, Gershwin, avec Porgy and Bess, offre une fresque où le jazz, le blues et l’opéra fusionnent dans une écriture d’ une audace inédite. Les mélodies amples, immédiatement mémorables, portent une humanité profonde. Là où Bernstein accentue le conflit et la modernité urbaine, Gershwin exalte la chaleur et la profondeur des racines afro-américaines.

Le miroir révèle ainsi des contrastes fascinants : tension dramatique contre lyrisme enveloppant, ironie mordante contre mélancolie bluesy, énergie percussive contre souplesse jazzy.
Pourtant, dans ce reflet croisé, une même ambition : faire dialoguer les cultures, unir le populaire et le savant, faire du théâtre musical un art total.

Ce concert célèbre l’Amérique du XXe siècle dans toute sa diversité, où chaque note pulse comme un battement de cœur. Une rencontre explosive et élégante, où Broadway devient le lieu d’un dialogue passionné entre deux visions complémentaires d’un même rêve musical.

Aliénor Schmitlin, soprano

Mathieu Sempere, ténor

Thomas Tacquet, piano

Dido and Aeneas
Purcell

Une tragédie fondatrice, un mythe éternel : Didon et Énée renaît dans une version costumée portée par l’élan juvénile de la Maîtrise des Hauts-de-Seine.

Composé par Purcell à la fin du XVIIe siècle, Didon et Énée est l’ un des sommets de l’opéra baroque anglais. Inspiré de l’Énéide il raconte la passion fulgurante et tragique de la reine de Carthage pour le héros troyen. Amour, trahison, destin : en une heure d’ une intensité rare, Purcell concentre toute la puissance du théâtre musical.

Dans cette version costumée, le drame prend chair et mouvement. Les jeunes artistes de la Maîtrise des Hauts-de-Seine incarnent tour à tour courtisans, marins, sorcières et esprits malicieux, donnant vie à la fresque dramatique avec fraîcheur et engagement. Les chœurs, véritables moteurs de l’action, alternent solennité et ironie, ombre et lumière.

Au cœur de l’œuvre, le célèbre lamento de Didon « When I am laid in earth » suspend le temps. Cette plainte descendante, d’

une simplicité bouleversante, résume toute la noblesse tragique du personnage. Autour d’elle, danses et interludes instrumentaux rappellent que le baroque est aussi art du contraste : la fête côtoie la fatalité, la grâce masque le drame.

Costumes et mise en espace renforcent la dimension théâtrale de l’ouvrage, tout en conservant l’élégance et la clarté propres à la musique de Purcell. Entre énergie collective et émotion intime, cette production fait dialoguer exigence artistique et vitalité de la jeunesse.

Un spectacle où la fraîcheur des voix rencontre la profondeur du mythe, et où la tragédie antique retrouve, sous les couleurs baroques, toute son intensité humaine.

Dimanche 26 avril
20h 

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Maitrise des Hauts de Seine - Matthieu Poulain

Barok ensemble - David Braccini

Cosi fan tutte
Mozart

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Aude Briot, soprano

Laurence Pouderoux, soprano

Solène Laurent, mezzo-soprano

Tristant Bennet, ténor

Paul-Louis Barlet, baryton

Alan Picol, baryton-basse

orchestre Classik Ensemble

David Braccini, violon

Evann Loget-Raymond, direction

Lundi 27 Avril
20h

Jeu des apparences, vertige des sentiments, ironie douce-amère : Così fan tutte s’invite sur scène dans une lecture vive et élégante.

Composé en 1790 par Mozart sur un livret de Da Ponte, Così fan tutte est souvent présenté comme une comédie légère. Pourtant, sous l’esprit brillant et les ensembles étincelants se cache une

réflexion profonde sur la fidélité, le désir et la fragilité des certitudes amoureuses.

Deux couples, une expérience cruelle imaginée par Don Alfonso, des travestissements et des séductions croisées : le théâtre devient laboratoire des passions humaines. Mozart y déploie une

écriture d’une précision psychologique fascinante. Chaque aria révèle une faille, chaque duo met à nu une hésitation, chaque ensemble tisse une architecture dramatique d’ une virtuosité stupéfiante.

Les voix mettent en valeur la dimension chambriste de l’ouvrage : clarté des lignes, équilibre des voix, sens aigu du texte. Les ensembles quintettes, sextuors, finales deviennent de véritables

mécanismes d’horlogerie musicale où humour et émotion coexistent.

Sous la légèreté apparente affleure une mélancolie subtile : l’amour n’est jamais simple, la fidélité jamais absolue, et l’expérience laisse des traces. Mais Mozart, avec son génie lumineux, transforme cette ambiguïté en grâce.

Une Così fan tutte à la fois pétillante et profonde, où le sourire n’efface jamais tout à fait le trouble du cœur

CLÔTURE DU FESTIVAL
de Bach à Piazzolla

Vendredi 1er mai 
18h30

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Spectacle d’ouverture du festival l’an dernier, ce programme avait marqué les esprits par la force de son dialogue entre les styles. Il revient cette année enrichi de nouvelles couleurs sonores, avec

l’arrivée du bandonéon qui vient intensifier la palette expressive et approfondir le pont entre baroque et tango. Autour de la danseuse étoile Myriam Ould-Braham et du danseur Mickaël Lafon,

les œuvres de Bach et Piazzolla se répondent dans un miroir vibrant entre tradition et modernité.

Entre l’architecture lumineuse de Bach et la sensualité rythmique de Piazzolla, les corps deviennent instruments, dialoguant avec les cordes et désormais avec le souffle profond du bandonéon. Cet ajout apporte une dimension plus charnelle encore au spectacle : le tango gagne en intensité, le contraste avec le baroque se nuance, et le dialogue entre les époques se fait plus organique.

La rigueur classique embrasse la liberté du mouvement ; la précision du geste rencontre l’improvisation maîtrisée. Chaque note, chaque respiration, chaque suspension crée un espace où

la technique nourrit l’émotion. Plus qu’une reprise, c’est une renaissance : un spectacle transformé, approfondi, élargi, qui

confirme sa puissance poétique et son éclat. Une célébration renouvelée de la danse et de la musique, où les styles s’entrelacent pour offrir, une fois encore, un moment suspendu d’ une beauté saisissante.

Myriam Ould-Braham, danseuse étoile de l’Opéra national de Paris

Mickaël Lafon, Sujet de l’Opera national de Paris

David Braccini, violon

Marion Chiron, bandonéon

UNE SOIREE CHEZ
CLARA ET ROBERT SCHUMANN

Samedi 2 Mai
20h00

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Julie Depardieu

Delphine Haidan, mezzo-soprano

Dana Ciocarlie, piano

Une soirée chez Clara et Robert Schumann, une soirée intime, comme une porte entrouverte sur un salon romantique qui nous invite à partager l’effervescence artistique et les confidences musicales d’ un couple légendaire.

Autour de la comédienne Julie Depardieu, de la mezzo-soprano Delphine Haidan et de la pianiste Dana Ciocarlie, les œuvres de Clara Schumann et de Robert Schumann prennent vie dans un dialogue sensible entre musique et littérature.

Dans le Leipzig des années 1840, la maison des Schumann était un foyer ardent de création, où se croisaient artistes, poètes et musiciens. C’est cette atmosphère que recrée ce spectacle : lectures de lettres et de journaux intimes, lieder et pièces pour piano s’entrelacent pour faire entendre les élans, les doutes, les joies et les tourments d’ un amour hors du commun.

Les lieder de Robert Schumann révèlent la passion et l’intensité d’ une écriture à fleur d’âme, tandis que les pages de Clara affirment une voix singulière, lumineuse et profondément expressive. Le piano, sous les doigts de Dana Ciocarlie, devient tour à tour confident, narrateur et partenaire vibrant.

La présence de Julie Depardieu apporte une dimension théâtrale et incarnée : les mots résonnent avec la musique, éclairant les œuvres d’ une lumière nouvelle. Delphine Haidan, par la chaleur de son timbre et la finesse de son phrasé, donne chair à ces émotions romantiques avec une sincérité bouleversante.

Plus qu’ un récital, c’est une immersion dans l’intimité d’ un couple mythique, où l’amour et la création se nourrissent l’ un l’autre. Une soirée suspendue, délicate et passionnée, comme un écho vivant de l’âme romantique.

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